Comment est née la légende « je suis nulle »

Mis à jour : avr. 1



Vous avez remarqué comme certaines annoncent catégoriques “je suis nulle en danse, nulle en maths…”? Peut-être vous-même, avez-vous des certitudes bien tranchées? Et si je vous expliquais comment ça a commencé?


Au commencement quand nous venons au monde, nous sommes toutes (tous!) un peu empotées. A l’arrivée, on ne sait rien faire, ou presque. Nous devons tout apprendre. Notre survie dépend largement des êtres qui vont prendre soin de nous, le temps que nous fassions cet apprentissage. L’enfant a donc naturellement envie et besoin d’apprendre.


Tout apprentissage va alors demander 4 niveaux pour être complet:


- Le premier niveau, le plus facile, c’est quand on ne sait pas qu’on ne sait pas faire. Vous savez les tous petits enfants qui voient les autres faire du vélo et veulent monter dessus? Ils n’ont aucune notion qu’en l’état actuel ils sont incapables d’en faire. Ils voient les autres faire, ça a l’air normal, facile, donc ils veulent se lancer.

- Le niveau deux, c’est celui qui fait le plus mal. C’est là qu’on apprend qu’on ne sait pas faire. Le gamin monte sur le vélo et là catastrophe! Il n’y arrive pas.

De là naissent 2 options:

- soit il considère qu’il est nul en vélo et abandonne

- soit il va persévérer pour passer au niveau supérieur

- Le niveau trois demande beaucoup d’attention et d’énergie. C’est le moment de l’intégration du fonctionnement par étape et de la répétition. On voit les enfants, la langue qui dépasse, tenir leur guidon en étant hyper concentrés. Leur attention est complètement focalisée sur “coup de pédale à droite, coup de pédale à gauche” pour garder l’équilibre et avancer.

- Le niveau quatre quand on l’atteint est une grande satisfaction. C’est le moment où on peut conduire le vélo en parlant en même temps, regardant le paysage, répétant notre liste de courses. Ça y est, le vélo est complètement intégré, automatique. On considère qu’on a toujours su le faire.


Toute nouveauté passe nécessairement par ses 4 étapes d’apprentissage. Sinon c’est que vous savez déjà le faire.


Faisons un zoom sur le moment particulier qui vous intéresse: le moment où vous avez lâché.


Vous savez le nombre d’heures nécessaire à l’apprentissage d’une compétence? Combien de temps y avez-vous passé avant de vous faire cette déclaration?


Et si on considérait cette idée novatrice: vous n’êtes pas nulle, vous n’y avez juste pas consacré le temps nécessaire pour comprendre la méthodologie et l’intégrer. Et par manque de confiance en vous ou par commodité, vous avez déclaré être nulle et clos le sujet.


Malcom Gladwell, journaliste britannique dans un essai a cherché à comprendre pourquoi certaines personnes réussissent et d’autres non, au-delà de la génétique et de l’éducation. De là naît sa règle des 10 000 heures d’entraînement qui détermine différents niveaux de pratique qu’il est possible d’atteindre:

- 1 heure vous donnera une découverte, une initiation, une introduction très basique sur un sujet

- 10 heures débouchent sur une notion plus large des concepts de base

- 100 heures vous concéderont l’obtention d’un niveau moyen

- 1 000 heures vous permettent d’approcher le niveau spécialiste

- 10 000 heures d’atteindre un niveau expert


Honnêtement, combien d’heures avez-vous consacré à l’apprentissage de cette compétence?


Pour la petite anecdote, j’ai toujours considéré être nulle en danse. Mon métier aidant, j’ai réalisé que ce n’était peut-être pas une fatalité. Alors un jour j’ai décidé que s’en était assez et de me challenger: abonnement pour un an de cours de danse! Bim! Une partie de moi était terrorisée mais cette fois je décidais de me lancer. J’avais réussi à gagner les négociations en me promettant un rhum avant chaque cours si besoin (heureusement il n’en a pas trop fallu !). Et conclu qu’au pire je passerai un an à ne rien comprendre. Mais j’aurais eu la fierté d’avoir vraiment tenté.

Le prof, rassurant, et habitué aux débutants, décortiquait bien chaque mouvement et nous invitait à la patience. Les pieds d’abord. Encore, encore et encore. Puis on s’intéressait aux bras. Puis les deux ensemble. Les mouvements du buste et position de la tête venaient bien après, c’était du luxe.

J’ai réalisé qu’à force de répétition, le corps comprend ce qu’on attend de lui. Des mouvements lents et simples au début, puis plus rapides ou plus complexes. Il intègre ces nouveaux schémas et petit à petit peut les perfectionner.

Car pour apprendre une nouveauté, de nouveaux schémas neuronaux doivent se créer. Quand on n’a aucune carte mentale de référence, tout est à bâtir. Et c’est plus facile ensuite. Avez-vous remarqué comme il est difficile de commencer alors que les danseurs vont facilement apprendre les bases d’autres danses que la leur? Des connexions sont déjà créées.

Aujourd’hui je suis capable d’aller faire des stages de danses et cours d’essai. Sans paniquer. D’arriver à suivre dans les grandes lignes même si ce n’est pas parfait sur de nombreux points qui s’amélioreront si je prends la peine de les travailler. Je ne me sens pas nulle même si les autres apprennent plus vite. Ils ont un vécu que je n’ai pas qui justifie sûrement cela. Et je suis fière d’être capable de faire ces quelques pas.


Et vous de votre côté?!


Quelle décision pouvez-vous prendre pour changer votre légende personnelle “je suis nulle”? Cette déclaration fonctionne comme n’importe quelle croyance, on se focalise sur ses manques jusqu'à perdre toute lucidité. (Voir article Comment vous créez ce qui vous arrive )

Alors changez là. (Article Un exercice pour changer enfin votre réalité )


Prenez confiance, réalisez les choses que vous faites en automatique et qu’il vous a pourtant fallu apprendre. Marcher par exemple. Heureusement que vous avez persévéré à vous relever sinon vous seriez encore en barboteuse par terre.


Alors gardez le bien en tête: vous n’êtes pas nulle. Vous n’avez juste pas complété votre apprentissage. Prenez donc le réflexe de dire “la danse? Je n’ai jamais pris le temps d’apprendre”. Ou si c’est important pour vous, lancez-vous, montez la première marche. Vous serez surprise.


Marina

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