Qui veut gagner un champion ?



Les beaux jours reviennent. Les oiseaux chantent. Les bourgeons poussent sur les branches. Les amandiers sont en fleurs. La sève monte dans les arbres. Et pas que dans les arbres.


Vous émergez doucement de votre léthargie hivernale et vous commencez à le voir dans les regards. Les sportifs reprennent leur entraînement, en pleine préparation de leur summer body. Le sourire charmeur, ils vous aspergent d’une douche de phéromones sur leur passage. Les sens subitement en éveil, vous regardez davantage la goutte de sueur qui perle le long de leurs muscles congestionnés.

Ça vous fait la même avec votre voisin lorsqu’il sort son attirail de jardinier. Pelle et brouette à proximité, tee-shirt facultatif selon l’effort prodigué, il se démène, bêche la terre, œuvre à un parterre luxuriant, et la bouche entr’ouverte, vous le regardez travailler. Votre esprit s’égare. Votre imagination et vos rêves s’épicent.

Le cœur et le corps sortent de leur hibernation, disposés à laisser un nouvel amour éclore. Ils partent en recherche du candidat avec qui construire votre nid, ou bien passer votre nuit.


La belle saison est de retour et avec elle, la saison des amours ! Vous sentez l’appel puissant du printemps, et l’effervescence de son petit cocktail d’hormones printanier. Alors pour sortir, vous vous habillez de votre esprit vif, plein d’humour, pétillant. Le rouge aux joues, le soleil sur la peau et le coup de foudre à l’horizon.


Avant l’arrivée des barbecues et apéros en terrasse, c’est le moment où l’humain part en chasse. Après cette léthargie prolongée, c’est enfin l’occasion des rencontres tant espérées. Mais devant votre appétence empressée, toujours le juste choix à poser: râteau ou trophée?


Car l’hiver et les distances qui durent, rendent votre perspicacité quelque peu embuée. La solitude et manque de tendresse ont sur vous l’effet d’une soirée trop arrosée, ou de Jean-Claude Dusse dans les Bronzés: votre clairvoyance s'en retrouve quelque peu affectée et sur un malentendu, ça peut marcher.


Alors, pour éviter les peines de cœurs, les loosers, et de choper un virus qui sème la terreur, avant de foncer, en cas de dilemme, faites appel à vos jokers:


· L'appel à un ami. C’est l'avis de la bonne copine qui garde la tête froide, les idées claires et sait quand vous partez en cacahuète. L’amie, la vraie, qui sait vous dire les choses. Même si ce n’est pas ce que vous avez envie d’entendre, elle vous fait revenir sur terre. C’est la première personne à contacter et à écouter. Alors, verdict?! Crapaud ou échange de numéros?


· L'avis du public. Le regard des autres quand il empêche de vivre, ce n'est pas terrible, mais dans ce cas précis, il va se révéler utile. Comment assumez-vous d'annoncer cette rencontre à vos amis, de marcher dans la rue avec lui, de vous afficher en public ? Bien ? Génial! Vous n'assumez pas du tout ? Bon ou mauvais numéro ?


· Le 50-50. Il s'en va tout seul? Fantastique, il vous fait gagner un temps et une énergie précieuse. Surtout ne lui courez pas après. Remerciez-le plutôt de laisser la place à quelqu’un qui voudra vraiment être à vos côtés et pas un simple rigolo.


Il passe avec succès les trois jokers? Félicitations, vous avez tiré le gros lot. Cupidon a fait un carton! Alors profitez. La vie est une aventure, remplie de surprises, d’évènements étourdissants et de belles rencontres. Certaines marqueront votre mémoire et des années après, vous raconterez votre histoire le sourire aux lèvres, en vous marrant. Osez. Vivez. Faites un excès de vie. Taisez les peurs et les doutes. Soyez dans l’expectative de la prochaine merveille à vivre pour vous assurer que le jour où vous tirerez votre révérence, ce sera en beauté.


Par Marina Martin

Publié dans LE PLUS ORANGE magazine, numéro de mars 2121 #10




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